Fondation hartung bergman - Exposition « les voix de leurs oeuvres » - Jusqu'au 26 septembre
Jusqu'au 26 septembre
Des oeuvres d’art – celles de Hans Hartung ou d’Anna-Eva Bergman en particulier – on voudrait croire qu’elles existent seules, en elles-mêmes, comme de purs agencements de lignes, de masses et de couleurs, indépendants de tout contexte. L’idée séduit : elle ferait de la toile ou du papier un objet autosuffisant et silencieux. Cet absolu relève pourtant d’une fiction. Toute création comporte sa part d’adresse. Elle se propose à un regard, et ce regard n’arrive jamais vierge. De sorte qu’autour des oeuvres s’élèvent des voix. Des critiques, des écrivains, des commissaires d’exposition mettent des mots sur l’expérience esthétique. Dans le cas de Bergman et de Hartung, cette production verbale fut profuse et diverse. Elle est tantôt dense, dure, drôle, déférente, et parfois dithyrambique. Dominique Aubier évoque ainsi « la parure des vérités profondes » à propos des surfaces métalliques de Bergman ; Pierre Daix écrit que, chez elle, « la lumière parle ». Madeleine Rousseau voit dans la virulence gestuelle de Hartung une « lutte avec la réalité », tandis que Pierre Cabanne, pour les années tardives, convoque un « admirable tremblement du temps » emprunté à Chateaubriand. Ces formules, souvent lettrées, parfois caustiques, cherchent chacune à saisir des tensions, des rythmes, des flux. Surtout, elles contribuent à la construction culturelle et historique des images.
À partir des archives accumulées par le couple, la Fondation la voulu faire entendre cette polyphonie. En parallèle de peintures, de dessins et d’estampes, le visiteur pourra découvrir et consulter la masse textuelle que leurs créations ont suscitée pendant plus de six décennies.
Entrée payante - Infos : fondationhartungbergman.fr


